RUBBISH RABBIT

Pendant des années nous avons fait rire les gens. Pour nous, cela a toujours été la plus belle chose que nous puissions faire. Nous nous amusions, les gens s’amusaient, et qui plus est, nous étions payés pour cela. Un jour, l’amusement a disparu : être clown est devenu une profession, un travail comme un autre. Il est alors devenu inévitable de nous poser une question : pourquoi continuer ?

Notre frustration grandissait chaque jour en constatant que pour les autres, pour les organisateurs, pour le public, pour les collègues… tout était splendide, tout était parfait : les vieux tours, les vieilles blagues, les mêmes routines répétées des milliers de fois.

Comme si le public avait besoin d’être rassuré, comme s’il fallait le prendre dans nos bras et le distraire, comme s’il préférait voir quelque chose déjà connu. Nous croyons pourtant qu’il est absurde de demander à un clown de l’assurance. Un clown n’est pas un ours en peluche : un clown est fou, différent, libre. Et il est capable de donner, ou de vendre, de la folie, de la diversité, et de la liberté.

Tel est le but du Tony Clifton Circus : être fous, différents, libres. Dans cette volonté de changement, nous avons trouvé, inconsciemment, un modèle : les enfants. Ils sont fous, ils sont différents, ils sont libres, du moins jusqu’à ce qu’ils se transforment en consommateurs stressés par la télévision.

Et que font les enfants lorsqu’on les laisse seuls : le chaos, le bruit, la destruction. C’est ce que l’on désire dans notre spectacle : être des enfants, et faire tout ce qui nous passe par la tête sans se demander pourquoi ! Pour cette raison, dans notre spectacle, nous détruisons la plupart des objets qui nous passent entre les mains, on se tire dessus, on se jette par terre, on danse, on se bat avec une peluche géante… simplement parce qu’on aime ça.

«Il faut beaucoup marcher pour découvrir les troupes qui se démarquent. Il y en a, bien sûr, comme le Tony Clifton Circus, des clowns milanais "off" et "trash" qui s'en prennent à l'idolâtrie maternelle italienne en se vengeant sur des poupées Barbie qu'ils traitent à toutes les sauces -Nutella compris -avant de les faire exploser........»

Le Monde (Article du 23/08/08 à propos du festival d’Aurillac)

«Les Clowns du Tony Clifton Circus offrent le rire jaune à grands coups de comique dévoyé et de cruauté gratuite envers les poupées barbie.»

L’Impartial (la Chaux-de-Fond, Suisse)

«Les Italiens du Tony Clifton Circus mettent le feu malgré une météo toujours aussi humide. De loin, les plus déjantés du hameau (et d'ailleurs), ces clowns s'en prennent à d'innocents melons et de pauvres barbies kamikazes pour illustrer le cycle de la vie.»

Le Soir (Chassepierre, Belgique)

«Absurde, démesure, provocation, jouissance : Tony Clifton Circus offre, avec son Rubbish Rabbit , une palette élargie de l'art du clown, celui des grands, dans la lignée du génial Leo Bassi. Cette lignée, ils la revendiquent, par respect. Et du respect, ils en ont à revendre, pour les spectateurs, d'abord, même s'ils les entartent et leur envoient des éclats de melon à la figure. Mais c'est au nom de la démocratie et de la liberté qu'ils vont dans les extrêmes, évoquant les crises économiques et sociales, les misères affectives dont leurs pirouettes gaguesques désamorcent la lourdeur supposée. Car il s'agit ici de profondeur, celle où peuvent aller les clowns lorsqu'ils sont cyniques et pointent les troubles sous les éclats de rire dont ils abreuvent la salle. Salutaire, ce Tony Clifton Circus venu d'Italie, la patrie des paillasses qui savent renouveler leur genre en creusant profond leurs racines ! Car on rit, on rit, ravis par ces adultes qui se comportent comme des enfants, sans limite, sans interdit. »

Floriane Gaber / www.fluctuat.net

 

Avec Iacopo Fulgi, Nicola Danesi ou Werner Waas, Enzo Palazzoni

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